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● LE BILAN · ENQUÊTE 03Base EudraVigilance complète · 4 méthodes des autorités sanitaires

Gardasil :
les signaux d’effets indésirables que l’EMA ne publie pas.

Analyse de disproportionnalité de 50 178 signalements de vaccins contre le papillomavirus, dont 38 701 pour le Gardasil

En 2015, l’EMA a conclu que les syndromes déclarés après le Gardasil n’étaient pas plus fréquents qu’attendu chez les jeunes filles. Nous avons repris ses données, avec ses méthodes, et posé la question autrement : ces effets sont-ils déclarés plus souvent qu’avec les autres vaccins donnés aux filles du même âge ?

929signaux du Gardasil détectés par les 4 méthodes, face à toute la base
353de ces signaux confirmés face aux autres vaccins, à âge et sexe égaux
574signalements Gardasil portant un critère de décès

Périmètre de l’enquête. L’enquête porte sur les 50 178 signalements de la base européenne de pharmacovigilance citant un vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) : Gardasil (22 651), Gardasil 9 (16 984), Cervarix (10 226) et vaccins HPV non précisés (1 373). Le cœur de l’analyse porte sur le Gardasil, sous ses deux formes (38 701 signalements). Tous les effets cités dans au moins trois signalements sont testés avec quatre méthodes statistiques : ROR, PRR, BCPNN et GPS.

RÉSUMÉ

Le Gardasil est administré depuis 2006 à des millions d’adolescentes. Les effets indésirables suspectés sont enregistrés dans EudraVigilance, la base de l’Agence européenne des médicaments. En 2015, à la demande du Danemark, l’agence a examiné deux syndromes déclarés après la vaccination, le syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS) et le syndrome douloureux régional complexe (SDRC). Elle a conclu que les données n’établissaient pas de lien causal, et que le nombre de cas correspondait à ce qu’on attend dans cette tranche d’âge.

Nous avons appliqué aux 38 701 signalements Gardasil les quatre méthodes de détection des autorités sanitaires. Face à toute la base, 929 effets sont détectés par les quatre méthodes. Nous les avons ensuite soumis à un test plus exigeant : la comparaison avec les 505 505 signalements des autres vaccins hors Covid, chez des filles et des femmes du même âge. 353 signaux y résistent.

Le POTS en fait partie. Chez les filles de 12 à 17 ans, il est déclaré près de cinq fois plus souvent avec le Gardasil qu’avec les autres vaccins ; chez les femmes de 18 à 64 ans, près de cinquante fois plus. La ménopause précoce et l’insuffisance ovarienne, les troubles auto-immuns, le déséquilibre du système nerveux autonome et l’intolérance orthostatique tiennent également. Le SDRC, en revanche, ne résiste pas à cette comparaison : nous le disons aussi.

1Le vaccin des adolescentes

Le Gardasil est autorisé en Europe depuis septembre 2006. Il cible quatre types de papillomavirus ; le Gardasil 9, autorisé en 2015, en cible neuf, et le Cervarix, autorisé en 2007, deux. Ces vaccins sont administrés en priorité aux filles de 11 à 14 ans, avec un rattrapage jusqu’au début de l’âge adulte, et désormais aussi aux garçons.

Peu de vaccins ont suscité autant d’alertes. Au Japon, le ministère de la Santé a suspendu en juin 2013 sa recommandation active après une série de déclarations de douleurs chroniques et de troubles moteurs chez des adolescentes ; elle n’a repris qu’en avril 2022. Au Danemark, des cliniciens ont décrit des jeunes filles atteintes de POTS après la vaccination. C’est à la demande du Danemark que la Commission européenne a saisi l’EMA en juillet 2015.

La réponse de l’agence, rendue le 5 novembre 2015, est restée la position officielle : les données ne soutiennent pas un lien causal entre les vaccins HPV et le SDRC ou le POTS, et les cas déclarés correspondent à ce qu’on attend dans cette tranche d’âge. Aucune mise à jour des notices n’a été demandée.

L’EMA a comparé les cas déclarés à une estimation de la fréquence de fond. Elle n’a pas publié de comparaison avec les autres vaccins.

C’est précisément ce que permet la base complète. Si le POTS n’est qu’une maladie fréquente chez les adolescentes, il doit être déclaré à peu près autant après n’importe quel vaccin donné à des adolescentes. S’il est déclaré beaucoup plus souvent après le Gardasil, l’âge et le sexe ne suffisent plus à l’expliquer.

2Données et méthodes

Les données

L’analyse porte sur la base EudraVigilance complète, soit 13 483 992 signalements. Les vaccins HPV y sont identifiés par leur substance active : Gardasil (types 6, 11, 16, 18), Gardasil 9 (types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) et Cervarix (types 16, 18). Les effets sont codés selon le dictionnaire médical MedDRA, au niveau du terme préféré. Pour chaque effet, nous avons relevé les critères de gravité réglementaires : décès, pronostic vital engagé, hospitalisation, invalidité, séquelles, anomalie congénitale, autre situation médicalement importante.

Deux comparaisons, de plus en plus exigeantes

Première comparaison : face à toute la base. Pour chaque effet, on se demande si sa part parmi les signalements du Gardasil est plus élevée que sa part parmi tous les autres signalements de la base. C’est la référence utilisée dans les enquêtes 01 et 02, et celle des autorités sanitaires.

Seconde comparaison : face aux autres vaccins, à âge et sexe égaux. Les mêmes calculs sont refaits en ne gardant que les 505 505 signalements de vaccins (Covid exclus, soit 56 autres substances vaccinales), dans la même tranche d’âge, puis chez les seules filles et femmes de cette tranche. Le Gardasil est alors comparé à des vaccins administrés aux mêmes personnes, par le même geste. Un signal qui tient ce test ne s’explique ni par l’âge, ni par le sexe, ni par la piqûre.

Quatre méthodes, quatre autorités

RORUtilisé par l’EMA
Rapport des cotes de déclaration. Signal si la borne basse de l’intervalle de confiance à 95 % dépasse 1.
PRRUtilisé par la MHRA
Rapport des proportions de déclaration (Evans et al., 2001). Signal si PRR ≥ 2, χ² ≥ 4 et au moins 3 cas.
BCPNNUtilisé par l’OMS
Méthode bayésienne de l’Uppsala Monitoring Centre, appliquée à VigiBase. Signal si la borne basse IC₀₂₅ est positive.
GPSUtilisé par la FDA
Gamma-Poisson Shrinker (DuMouchel, 1999 ; Szarfman et al., 2002). Signal si la borne basse EB05 atteint 2.

Face à toute la base, nous retenons comme signal robuste un effet détecté par les quatre méthodes à la fois, comme dans les enquêtes précédentes.

Un point de méthode décisif. Chez les filles de 12 à 17 ans, le Gardasil représente 48 % des signalements vaccinaux. Les deux méthodes bayésiennes (BCPNN, GPS) comparent le nombre de cas observés à un nombre « attendu » calculé sur tout le groupe, Gardasil compris. Quand le vaccin étudié forme la moitié du groupe, leur rapport ne peut pas dépasser 2 environ : le seuil du GPS devient inatteignable, quel que soit l’effet. Le ROR de l’EMA et le PRR de la MHRA comparent le vaccin aux autres vaccins et n’ont pas ce plafond. Dans la seconde comparaison, un signal est donc confirmé quand il franchit à la fois le seuil de l’EMA et celui de la MHRA.

Comment lire les tableaux. Pour chaque effet : le nombre de signalements Gardasil qui le citent et ceux avec décès ; le ROR face à toute la base et le nombre de méthodes positives ; puis le ROR face aux autres vaccins chez les filles de 12 à 17 ans et chez les femmes de 18 à 64 ans, avec la mention « confirmé » quand les seuils de l’EMA et de la MHRA sont franchis. Un même signalement peut citer plusieurs effets : les nombres ne s’additionnent pas.

3Ce que contient la base

La base contient 38 701 signalements citant le Gardasil ou le Gardasil 9. 25 066, soit 65 %, sont graves, et 574 portent un critère de décès. 82 % concernent des filles ou des femmes, 44 % des adolescents de 12 à 17 ans. Ils proviennent de 102 pays : les États-Unis (8 142), l’Allemagne (5 258), la France (3 185) et l’Italie (2 457) en tête.

Les déclarations ne faiblissent pas avec le temps. Un tiers (12 404) date des dix premières années, de 2006 à 2015. Les années suivantes en comptent davantage : 3 407 en 2019, 3 936 en 2023. Le Gardasil 9, qui a remplacé le Gardasil en Europe, porte l’essentiel des déclarations récentes.

Tableau 1 · Les vaccins HPV dans EudraVigilance
VaccinSignalementsGravesAvec décèsSignaux 4/4
toute la base
Confirmés
face aux autres vaccins
Gardasil22 65117 607532739389
Gardasil 916 9848 090118563248
Cervarix10 2265 32039289124
Gardasil 4 + 9 (ensemble)38 70125 066574929353

934 signalements citent à la fois le Gardasil et le Gardasil 9 : ils ne sont comptés qu’une fois dans la ligne « ensemble ».

4La méthode retrouve ce que la notice reconnaît

Avant de lire les signaux nouveaux, il faut vérifier que la méthode retrouve les effets déjà admis. La notice du Gardasil mentionne, au titre de la surveillance après commercialisation, la syncope parfois accompagnée de mouvements tonico-cloniques, les sensations vertigineuses, le syndrome de Guillain-Barré, l’encéphalomyélite aiguë disséminée et le purpura thrombopénique. Tous ressortent ici avec les quatre méthodes.

La syncope est l’effet le plus massif : 5 613 signalements, un ROR de 20,8 [20,2–21,5] face à toute la base. Face aux autres vaccins, elle est confirmée chez les femmes adultes (ROR 4,42 [4,02–4,85]) ; chez les adolescentes, son ROR reste significatif pour l’EMA, sous le seuil de la MHRA. Le malaise après le Gardasil ne se réduit pas au malaise banal qui suit une piqûre.

Tableau 2 · Effets reconnus par la notice : tous détectés
Effet indésirableSignal.DécèsToute la base
ROR [IC 95 %] · méthodes
Autres vaccins
filles 12–17 ans
ROR [IC 95 %]
Autres vaccins
femmes 18–64 ans
ROR [IC 95 %]
Syncope5 6132720,8 [20,2–21,5]4/4 méthodes1,78 [1,66–1,91]non confirmé · n = 2 4174,42 [4,02–4,85]✓ confirmé · n = 760
Sensation vertigineuseDizziness4 195173,63 [3,51–3,75]4/4 méthodes1,30 [1,21–1,39]non confirmé · n = 2 0772,06 [1,91–2,23]non confirmé · n = 933
CéphaléeHeadache6 144412,68 [2,61–2,75]4/4 méthodes0,96 [0,90–1,01]non confirmé · n = 2 8770,80 [0,75–0,86]non confirmé · n = 1 093
Douleur au site de vaccinationVaccination site pain1 62104,24 [4,04–4,46]4/4 méthodes1,08 [0,95–1,24]non confirmé · n = 4501,10 [1,01–1,20]non confirmé · n = 588
Syndrome de Guillain-BarréGuillain-Barre syndrome388511,7 [10,6–13,0]4/4 méthodes1,88 [1,41–2,50]non confirmé · n = 1321,16 [0,93–1,44]non confirmé · n = 95
Thrombopénie immunologiqueImmune thrombocytopenia15935,39 [4,61–6,31]4/4 méthodes1,95 [1,29–2,94]non confirmé · n = 643,53 [2,48–5,02]✓ confirmé · n = 48
Encéphalomyélite aiguë disséminéeAcute disseminated encephalomyelitis100230,4 [24,7–37,3]4/4 méthodes2,66 [1,54–4,60]✓ confirmé · n = 451,68 [1,10–2,56]non confirmé · n = 27

La méthode fonctionne. Elle retrouve ce que le fabricant a fini par inscrire dans la notice.

5Le test décisif : face aux autres vaccins

Face à toute la base, 929 effets sont détectés par les quatre méthodes, dont 169 associés à au moins un signalement avec décès. Ce chiffre ne suffit pas : la base mélange des nourrissons, des adultes et des personnes âgées, des vaccins et des chimiothérapies. Une partie des signaux du Gardasil peut tenir au seul fait qu’il est donné à des adolescentes.

Nous avons donc refait chaque calcul face aux autres vaccins, chez les filles de 12 à 17 ans et chez les femmes de 18 à 64 ans. 353 des 929 signaux sont confirmés : 139 chez les adolescentes, 321 chez les femmes adultes, 107 dans les deux groupes. 99 d’entre eux sont associés à au moins un signalement avec décès.

Ce tri a aussi un mérite : il écarte ce qui relève de l’artefact. Certains signaux du Gardasil ne sont pas des effets du vaccin mais des traces de son usage : tests HPV positifs, dysplasies du col, verrues génitales, qui signalent l’infection que le vaccin devait prévenir ; expositions pendant la grossesse et erreurs de calendrier, qui décrivent des circonstances d’administration. Nous les signalons comme tels et ne les commentons pas comme des effets indésirables.

6POTS et dysautonomie : le signal que l’EMA a écarté

Le syndrome de tachycardie orthostatique posturale se manifeste par une accélération anormale du cœur en position debout, avec vertiges, malaises, épuisement et troubles de la concentration. Dans la base, 537 signalements Gardasil citent un POTS. 257 portent un critère d’invalidité. Face à toute la base, le ROR atteint 113,5 [102,9–125,1] : c’est l’un des signaux les plus forts de l’enquête.

L’EMA a soutenu en 2015 que ces cas correspondaient à ce qu’on attend chez les jeunes filles. La comparaison aux autres vaccins répond directement à cet argument. Chez les filles de 12 à 17 ans, le POTS est déclaré 4,84 fois plus souvent avec le Gardasil qu’avec les autres vaccins (ROR 4,84 [3,69–6,34]). Chez les femmes de 18 à 64 ans, 49 fois plus (ROR 49,1 [30,4–79,3]). Ces filles et ces femmes ont le même âge, le même sexe et ont reçu une injection : seul le vaccin change.

Le POTS n’est pas isolé. L’intolérance orthostatique, le déséquilibre du système nerveux autonome, la fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique forment avec lui un même ensemble de troubles, que les cliniciens danois avaient décrit. Tous sont détectés par les quatre méthodes face à toute la base, et tous sont confirmés face aux autres vaccins chez les femmes adultes.

Tableau 3 · POTS et troubles du système nerveux autonome
Effet indésirableSignal.DécèsToute la base
ROR [IC 95 %] · méthodes
Autres vaccins
filles 12–17 ans
ROR [IC 95 %]
Autres vaccins
femmes 18–64 ans
ROR [IC 95 %]
Syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS)Postural orthostatic tachycardia syndrome5370113,5 [102,9–125,1]4/4 méthodes4,84 [3,69–6,34]✓ confirmé · n = 29149,1 [30,4–79,3]✓ confirmé · n = 141
Intolérance orthostatiqueOrthostatic intolerance2360112,1 [96,8–129,8]4/4 méthodes1,56 [1,20–2,02]non confirmé · n = 14219,1 [11,9–30,7]✓ confirmé · n = 67
Déséquilibre du système nerveux autonomeAutonomic nervous system imbalance268138,1 [33,6–43,2]4/4 méthodes2,10 [1,55–2,85]✓ confirmé · n = 12413,3 [9,23–19,2]✓ confirmé · n = 87
Hypotension orthostatiqueOrthostatic hypotension8902,72 [2,20–3,35]4/4 méthodes2,30 [1,43–3,70]✓ confirmé · n = 545,68 [3,12–10,3]✓ confirmé · n = 20
Syndrome de fatigue chroniqueChronic fatigue syndrome278019,0 [16,8–21,4]4/4 méthodes1,49 [1,17–1,89]non confirmé · n = 1632,52 [1,83–3,47]✓ confirmé · n = 52
FibromyalgieFibromyalgia20006,91 [6,00–7,95]4/4 méthodes1,93 [1,39–2,70]non confirmé · n = 982,35 [1,75–3,15]✓ confirmé · n = 61
Neuropathie des petites fibresSmall fibre neuropathy35011,3 [8,05–15,8]4/4 méthodes7,98 [1,82–34,9]✓ confirmé · n = 154,02 [1,66–9,69]✓ confirmé · n = 8

À âge, sexe et injection égaux, le POTS reste déclaré cinq à cinquante fois plus souvent après le Gardasil.

7Le SDRC : un signal qui ne résiste pas

Le syndrome douloureux régional complexe, l’autre syndrome examiné par l’EMA en 2015, apparaît dans 94 signalements Gardasil. Face à toute la base, il est détecté par les quatre méthodes (ROR 27,6 [22,4–34,1]).

Face aux autres vaccins, il ne tient pas : ROR 1,35 [0,93–1,97] chez les filles de 12 à 17 ans, 1,11 [0,50–2,48] chez les femmes de 18 à 64 ans. Les intervalles incluent 1. Sur cette question précise, nos données ne contredisent pas la conclusion de l’EMA. Nous le publions avec la même clarté que le reste : c’est ce qui donne leur poids aux signaux qui, eux, résistent.

Tableau 4 · SDRC : détecté face à la base, non confirmé face aux autres vaccins
Effet indésirableSignal.DécèsToute la base
ROR [IC 95 %] · méthodes
Autres vaccins
filles 12–17 ans
ROR [IC 95 %]
Autres vaccins
femmes 18–64 ans
ROR [IC 95 %]
Syndrome douloureux régional complexeComplex regional pain syndrome94027,6 [22,4–34,1]4/4 méthodes1,35 [0,93–1,97]non confirmé · n = 611,11 [0,50–2,48]non confirmé · n = 7

8Les ovaires

Un vaccin destiné à des jeunes filles devrait faire l’objet d’une surveillance particulière de leur fonction reproductive. Les données font ressortir une série de signaux convergents. La ménopause précoce (59 signalements) et l’insuffisance ovarienne (40) sont détectées par les quatre méthodes face à toute la base, avec des ROR de 29,0 [22,2–37,8] et 40,2 [29,0–55,8].

Face aux autres vaccins, les deux signaux sont confirmés dans les deux tranches d’âge. Chez les femmes de 18 à 64 ans, la ménopause précoce est déclarée 44 fois plus souvent avec le Gardasil (ROR 43,6 [12,9–146,6]), l’insuffisance ovarienne 28 fois plus (ROR 28,3 [8,06–99,3]). Les effectifs sont modestes et les intervalles larges, mais leurs bornes basses restent très au-dessus de 1. L’aménorrhée et les règles irrégulières, plus fréquentes, vont dans le même sens.

Tableau 5 · Fonction ovarienne et cycle menstruel
Effet indésirableSignal.DécèsToute la base
ROR [IC 95 %] · méthodes
Autres vaccins
filles 12–17 ans
ROR [IC 95 %]
Autres vaccins
femmes 18–64 ans
ROR [IC 95 %]
Ménopause précocePremature menopause59229,0 [22,2–37,8]4/4 méthodes3,55 [1,42–8,83]✓ confirmé · n = 2043,6 [12,9–146,6]✓ confirmé · n = 20
Insuffisance ovarienneOvarian failure40040,2 [29,0–55,8]4/4 méthodes4,52 [1,52–13,4]✓ confirmé · n = 1728,3 [8,06–99,3]✓ confirmé · n = 13
AménorrhéeAmenorrhoea22422,44 [2,14–2,79]4/4 méthodes2,03 [1,50–2,76]✓ confirmé · n = 1229,84 [6,65–14,5]✓ confirmé · n = 63
Règles irrégulièresMenstruation irregular24622,72 [2,40–3,09]4/4 méthodes1,32 [1,04–1,68]non confirmé · n = 1499,14 [6,37–13,1]✓ confirmé · n = 71

9Auto-immunité et système nerveux

Un vaccin agit sur le système immunitaire. Le signal le plus net dans ce domaine est le plus général : les troubles auto-immuns (310 signalements, dont 8 avec décès) sont détectés par les quatre méthodes (ROR 17,8 [15,9–20,0]) et confirmés face aux autres vaccins chez les filles (ROR 9,22 [5,19–16,4]) comme chez les femmes (ROR 5,76 [4,26–7,80]).

Chez les femmes adultes, le lupus (204 signalements, 15 avec décès), la thrombopénie immunologique et la narcolepsie sont confirmés face aux autres vaccins. Chez les adolescentes, ce sont l’encéphalomyélite aiguë disséminée et les crises convulsives. Le syndrome de Guillain-Barré, inscrit dans la notice, est détecté face à toute la base mais n’atteint pas le seuil de la MHRA face aux autres vaccins : les vaccins grippaux, qui y sont aussi associés, font partie du groupe de comparaison.

Tableau 6 · Auto-immunité, système nerveux central et périphérique
Effet indésirableSignal.DécèsToute la base
ROR [IC 95 %] · méthodes
Autres vaccins
filles 12–17 ans
ROR [IC 95 %]
Autres vaccins
femmes 18–64 ans
ROR [IC 95 %]
Troubles auto-immunsAutoimmune disorder310817,8 [15,9–20,0]4/4 méthodes9,22 [5,19–16,4]✓ confirmé · n = 1125,76 [4,26–7,80]✓ confirmé · n = 79
Lupus érythémateux systémiqueSystemic lupus erythematosus204154,94 [4,30–5,67]4/4 méthodes1,70 [1,17–2,47]non confirmé · n = 724,12 [3,03–5,61]✓ confirmé · n = 66
Thrombopénie immunologiqueImmune thrombocytopenia15935,39 [4,61–6,31]4/4 méthodes1,95 [1,29–2,94]non confirmé · n = 643,53 [2,48–5,02]✓ confirmé · n = 48
Sclérose en plaquesMultiple sclerosis29625,19 [4,62–5,82]4/4 méthodes1,50 [1,11–2,04]non confirmé · n = 1001,38 [1,12–1,69]non confirmé · n = 113
Encéphalomyélite aiguë disséminéeAcute disseminated encephalomyelitis100230,4 [24,7–37,3]4/4 méthodes2,66 [1,54–4,60]✓ confirmé · n = 451,68 [1,10–2,56]non confirmé · n = 27
Syndrome de Guillain-BarréGuillain-Barre syndrome388511,7 [10,6–13,0]4/4 méthodes1,88 [1,41–2,50]non confirmé · n = 1321,16 [0,93–1,44]non confirmé · n = 95
Myélite transverseMyelitis transverse83314,2 [11,4–17,7]4/4 méthodes1,95 [1,10–3,47]non confirmé · n = 331,02 [0,59–1,76]non confirmé · n = 15
NarcolepsieNarcolepsy8429,10 [7,33–11,3]4/4 méthodes1,74 [1,13–2,69]non confirmé · n = 542,93 [1,52–5,63]✓ confirmé · n = 13
EncéphaliteEncephalitis154118,13 [6,93–9,54]4/4 méthodes1,74 [1,21–2,51]non confirmé · n = 771,76 [1,21–2,58]non confirmé · n = 34
Crise convulsiveSeizure2 537317,10 [6,81–7,39]4/4 méthodes2,31 [2,07–2,57]✓ confirmé · n = 1 0715,30 [4,62–6,09]✓ confirmé · n = 368

10Les décès

574 signalements Gardasil portent un critère de décès. Près de la moitié (279) viennent des États-Unis. Face à toute la base, le terme « décès » ressort moins souvent avec le Gardasil qu’ailleurs (ROR 0,42 [0,37–0,47]) : c’est attendu, puisque la base compte une majorité de malades âgés ou graves, chez qui la mort est fréquente.

La comparaison pertinente est encore celle des autres vaccins. Chez les femmes de 18 à 64 ans, le décès est déclaré 4,26 fois plus souvent avec le Gardasil (ROR 4,26 [2,64–6,85]), et le signal est confirmé. Chez les filles de 12 à 17 ans, le ROR est de 1,94 [1,22–3,08] : significatif pour l’EMA, sous le seuil de la MHRA.

Un signal appelle une vérification particulière : l’embolie pulmonaire (83 signalements, 11 avec décès), confirmée face aux autres vaccins chez les filles (ROR 11,4 [3,48–37,1]) et chez les femmes (ROR 5,21 [3,42–7,93]). Les contraceptifs hormonaux, souvent pris à ces âges, sont un facteur de risque connu de thrombose : ce signal doit être relu en tenant compte des traitements associés déclarés dans chaque dossier.

Tableau 7 · Décès et embolie pulmonaire
Effet indésirableSignal.DécèsToute la base
ROR [IC 95 %] · méthodes
Autres vaccins
filles 12–17 ans
ROR [IC 95 %]
Autres vaccins
femmes 18–64 ans
ROR [IC 95 %]
DécèsDeath3143140,42 [0,37–0,47]0/4 méthodes1,94 [1,22–3,08]non confirmé · n = 514,26 [2,64–6,85]✓ confirmé · n = 28
Embolie pulmonairePulmonary embolism83110,32 [0,26–0,40]0/4 méthodes11,4 [3,48–37,1]✓ confirmé · n = 325,21 [3,42–7,93]✓ confirmé · n = 39

11Ce que les signaux ne disent pas

Une analyse de disproportionnalité mesure ce qui est déclaré, pas ce qui survient. Elle ne donne ni une fréquence, ni un risque individuel. Les déclarations spontanées dépendent de l’attention portée à un produit : les controverses japonaise et danoise ont pu accroître les déclarations de POTS après le Gardasil. Un même signalement peut citer plusieurs produits et plusieurs effets.

La comparaison aux autres vaccins neutralise une partie de ces biais : l’âge, le sexe, le geste vaccinal, et la tendance générale à déclarer davantage après une vaccination. Elle ne neutralise pas l’effet de notoriété propre au Gardasil. C’est pourquoi un signal est un point de départ, qui appelle des études ciblées, et pourquoi les autorités qui détiennent les données ont la responsabilité de les mener et de les publier.

12Conclusion

En 2015, l’EMA a examiné deux syndromes et conclu à l’absence de lien démontré. Onze ans plus tard, sur ses propres données et avec son propre indicateur, une comparaison qu’elle n’a jamais publiée donne une autre image. Face aux autres vaccins administrés aux mêmes filles et aux mêmes femmes, le POTS et les troubles du système nerveux autonome, la ménopause précoce et l’insuffisance ovarienne, les troubles auto-immuns restent déclarés bien plus souvent après le Gardasil. Le SDRC, lui, ne résiste pas : la méthode ne confirme pas tout ce qu’on lui soumet.

Ces résultats posent une question simple : pourquoi l’agence qui détient la base complète, les méthodes et les moyens ne publie-t-elle pas ces comparaisons pour un vaccin administré chaque année à des millions d’adolescentes ?

L’EMA détient la base complète, les méthodes et les moyens. Elle ne publie aucune comparaison du Gardasil aux autres vaccins.

EU-Vigil les calcule et les publie.

Références
  1. Agence européenne des médicaments. Review concludes evidence does not support that HPV vaccines cause CRPS or POTS. Communiqué EMA/714950/2015, 5 novembre 2015.
  2. Evans SJW, Waller PC, Davis S. Use of proportional reporting ratios (PRRs) for signal generation from spontaneous adverse drug reaction reports. Pharmacoepidemiol Drug Saf, 2001.
  3. Bate A et al. A Bayesian neural network method for adverse drug reaction signal generation. Eur J Clin Pharmacol, 1998.
  4. DuMouchel W. Bayesian data mining in large frequency tables, with an application to the FDA spontaneous reporting system. Am Stat, 1999.
  5. Szarfman A, Machado SG, O’Neill RT. Use of screening algorithms and computer systems to efficiently signal higher-than-expected combinations of drugs and events in the US FDA’s spontaneous reports database. Drug Saf, 2002.
● THE FINDINGS · INVESTIGATION 03Complete EudraVigilance database · 4 health-authority methods

Gardasil:
the adverse reaction signals the EMA does not publish.

Disproportionality analysis of 50,178 papillomavirus vaccine reports, 38,701 of them for Gardasil

In 2015, the EMA concluded that the syndromes reported after Gardasil were no more frequent than expected in young girls. We took its data, with its methods, and asked the question differently: are these effects reported more often than with the other vaccines given to girls of the same age?

929Gardasil signals detected by all 4 methods, against the whole database
353of these signals confirmed against other vaccines, at equal age and sex
574Gardasil reports carrying a death criterion

Scope of the investigation. The investigation covers the 50,178 reports in the European pharmacovigilance database that cite a human papillomavirus (HPV) vaccine: Gardasil (22,651), Gardasil 9 (16,984), Cervarix (10,226) and unspecified HPV vaccines (1,373). The core of the analysis is Gardasil in both its forms (38,701 reports). Every effect cited in at least three reports is tested with four statistical methods: ROR, PRR, BCPNN and GPS.

SUMMARY

Gardasil has been given to millions of teenage girls since 2006. Suspected adverse effects are recorded in EudraVigilance, the European Medicines Agency’s database. In 2015, at Denmark’s request, the agency examined two syndromes reported after vaccination, postural orthostatic tachycardia syndrome (POTS) and complex regional pain syndrome (CRPS). It concluded that the data did not establish a causal link, and that the number of cases matched what is expected in this age group.

We applied the four detection methods of the health authorities to the 38,701 Gardasil reports. Against the whole database, 929 effects are detected by all four methods. We then subjected them to a more demanding test: comparison with the 505,505 reports of other non-Covid vaccines, in girls and women of the same age. 353 signals withstand it.

POTS is one of them. Among girls aged 12 to 17, it is reported almost five times more often with Gardasil than with other vaccines; among women aged 18 to 64, almost fifty times more. Premature menopause and ovarian failure, autoimmune disorders, autonomic nervous system imbalance and orthostatic intolerance also hold. CRPS, on the other hand, does not withstand this comparison: we say so too.

1The teenage girls’ vaccine

Gardasil has been authorised in Europe since September 2006. It targets four papillomavirus types; Gardasil 9, authorised in 2015, targets nine, and Cervarix, authorised in 2007, two. These vaccines are given primarily to girls aged 11 to 14, with catch-up up to early adulthood, and now to boys as well.

Few vaccines have raised as many alerts. In Japan, the health ministry suspended its active recommendation in June 2013 after a series of reports of chronic pain and movement disorders in teenage girls; it only resumed in April 2022. In Denmark, clinicians described girls with POTS after vaccination. It was at Denmark’s request that the European Commission referred the matter to the EMA in July 2015.

The agency’s answer, issued on 5 November 2015, has remained the official position: the data do not support a causal link between HPV vaccines and CRPS or POTS, and the reported cases match what is expected in this age group. No update of the product information was requested.

The EMA compared the reported cases with an estimate of background frequency. It did not publish a comparison with other vaccines.

This is precisely what the complete database makes possible. If POTS is merely a common condition in teenage girls, it should be reported about as often after any vaccine given to teenage girls. If it is reported far more often after Gardasil, age and sex no longer explain it.

2Data and methods

The data

The analysis covers the complete EudraVigilance database, i.e. 13,483,992 reports. HPV vaccines are identified by their active substance: Gardasil (types 6, 11, 16, 18), Gardasil 9 (types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) and Cervarix (types 16, 18). Effects are coded with the MedDRA medical dictionary, at Preferred Term level. For each effect, we recorded the regulatory seriousness criteria: death, life-threatening, hospitalisation, disability, sequelae, congenital anomaly, other medically important condition.

Two comparisons, increasingly demanding

First comparison: against the whole database. For each effect, we ask whether its share among Gardasil reports is higher than its share among all other reports in the database. This is the reference used in investigations 01 and 02, and that of the health authorities.

Second comparison: against other vaccines, at equal age and sex. The same calculations are run again keeping only the 505,505 vaccine reports (Covid excluded, i.e. 56 other vaccine substances), in the same age group, then in girls and women only within that group. Gardasil is then compared with vaccines given to the same people, by the same act. A signal that passes this test is explained neither by age, nor by sex, nor by the injection.

Four methods, four authorities

RORUsed by the EMA
Reporting odds ratio. Signal if the lower bound of the 95% confidence interval exceeds 1.
PRRUsed by the MHRA
Proportional reporting ratio (Evans et al., 2001). Signal if PRR ≥ 2, χ² ≥ 4 and at least 3 cases.
BCPNNUsed by the WHO
Bayesian method of the Uppsala Monitoring Centre, applied to VigiBase. Signal if the lower bound IC₀₂₅ is positive.
GPSUsed by the FDA
Gamma-Poisson Shrinker (DuMouchel, 1999; Szarfman et al., 2002). Signal if the lower bound EB05 reaches 2.

Against the whole database, we count as a robust signal any effect detected by all four methods at once, as in the previous investigations.

A decisive methodological point. Among girls aged 12 to 17, Gardasil accounts for 48% of vaccine reports. The two Bayesian methods (BCPNN, GPS) compare the observed number of cases with an “expected” number computed on the whole group, Gardasil included. When the vaccine studied makes up half of the group, their ratio cannot exceed about 2: the GPS threshold becomes unreachable, whatever the effect. The EMA’s ROR and the MHRA’s PRR compare the vaccine with the other vaccines and have no such ceiling. In the second comparison, a signal is therefore confirmed when it crosses both the EMA threshold and the MHRA threshold.

How to read the tables. For each effect: the number of Gardasil reports citing it and those with death; the ROR against the whole database and the number of positive methods; then the ROR against other vaccines in girls aged 12 to 17 and in women aged 18 to 64, marked “confirmed” when both the EMA and MHRA thresholds are crossed. One report can cite several effects: the numbers do not add up.

3What the database contains

The database contains 38,701 reports citing Gardasil or Gardasil 9. 25,066, i.e. 65%, are serious, and 574 carry a death criterion. 82% concern girls or women, 44% teenagers aged 12 to 17. They come from 102 countries, led by the United States (8,142), Germany (5,258), France (3,185) and Italy (2,457).

Reports do not fade over time. One third (12,404) date from the first ten years, 2006 to 2015. Later years have more: 3,407 in 2019, 3,936 in 2023. Gardasil 9, which replaced Gardasil in Europe, accounts for most of the recent reports.

Table 1 · HPV vaccines in EudraVigilance
VaccineReportsSeriousWith death4/4 signals
whole database
Confirmed
against other vaccines
Gardasil22,65117,607532739389
Gardasil 916,9848,090118563248
Cervarix10,2265,32039289124
Gardasil 4 + 9 (combined)38,70125,066574929353

934 reports cite both Gardasil and Gardasil 9: they are counted once in the “combined” row.

4The method finds what the label acknowledges

Before reading the new signals, we must check that the method finds the effects already admitted. The Gardasil product information lists, from post-marketing surveillance, syncope sometimes accompanied by tonic-clonic movements, dizziness, Guillain-Barré syndrome, acute disseminated encephalomyelitis and thrombocytopenic purpura. All of them stand out here with the four methods.

Syncope is the most massive effect: 5,613 reports, a ROR of 20.8 [20.2–21.5] against the whole database. Against other vaccines, it is confirmed in adult women (ROR 4.42 [4.02–4.85]); in teenage girls, its ROR remains significant for the EMA, below the MHRA threshold. Fainting after Gardasil is not reducible to the ordinary fainting that follows an injection.

Table 2 · Effects acknowledged by the label: all detected
Adverse effectReportsDeathsWhole database
ROR [95% CI] · methods
Other vaccines
girls 12–17
ROR [95% CI]
Other vaccines
women 18–64
ROR [95% CI]
Syncope5,6132720.8 [20.2–21.5]4/4 methods1.78 [1.66–1.91]not confirmed · n = 2,4174.42 [4.02–4.85]✓ confirmed · n = 760
Dizziness4,195173.63 [3.51–3.75]4/4 methods1.30 [1.21–1.39]not confirmed · n = 2,0772.06 [1.91–2.23]not confirmed · n = 933
Headache6,144412.68 [2.61–2.75]4/4 methods0.96 [0.90–1.01]not confirmed · n = 2,8770.80 [0.75–0.86]not confirmed · n = 1,093
Vaccination site pain1,62104.24 [4.04–4.46]4/4 methods1.08 [0.95–1.24]not confirmed · n = 4501.10 [1.01–1.20]not confirmed · n = 588
Guillain-Barre syndrome388511.7 [10.6–13.0]4/4 methods1.88 [1.41–2.50]not confirmed · n = 1321.16 [0.93–1.44]not confirmed · n = 95
Immune thrombocytopenia15935.39 [4.61–6.31]4/4 methods1.95 [1.29–2.94]not confirmed · n = 643.53 [2.48–5.02]✓ confirmed · n = 48
Acute disseminated encephalomyelitis100230.4 [24.7–37.3]4/4 methods2.66 [1.54–4.60]✓ confirmed · n = 451.68 [1.10–2.56]not confirmed · n = 27

The method works. It finds what the manufacturer eventually wrote into the label.

5The decisive test: against other vaccines

Against the whole database, 929 effects are detected by all four methods, 169 of them associated with at least one report with death. This figure is not enough: the database mixes infants, adults and the elderly, vaccines and chemotherapies. Some of Gardasil’s signals may be due solely to the fact that it is given to teenage girls.

We therefore redid every calculation against other vaccines, in girls aged 12 to 17 and in women aged 18 to 64. 353 of the 929 signals are confirmed: 139 in teenage girls, 321 in adult women, 107 in both groups. 99 of them are associated with at least one report with death.

This sorting has another merit: it sets aside what is artefact. Some Gardasil signals are not effects of the vaccine but traces of its use: positive HPV tests, cervical dysplasia, genital warts, which signal the infection the vaccine was meant to prevent; exposure during pregnancy and schedule errors, which describe the circumstances of administration. We flag them as such and do not discuss them as adverse effects.

6POTS and dysautonomia: the signal the EMA dismissed

Postural orthostatic tachycardia syndrome causes an abnormal increase in heart rate when standing, with dizziness, fainting, exhaustion and difficulty concentrating. In the database, 537 Gardasil reports cite POTS. 257 carry a disability criterion. Against the whole database, the ROR reaches 113.5 [102.9–125.1]: one of the strongest signals in the investigation.

In 2015 the EMA argued that these cases matched what is expected in young girls. The comparison with other vaccines answers that argument directly. Among girls aged 12 to 17, POTS is reported 4.84 times more often with Gardasil than with other vaccines (ROR 4.84 [3.69–6.34]). Among women aged 18 to 64, 49 times more (ROR 49.1 [30.4–79.3]). These girls and women have the same age, the same sex, and received an injection: only the vaccine differs.

POTS is not isolated. Orthostatic intolerance, autonomic nervous system imbalance, fibromyalgia and chronic fatigue syndrome form a single cluster of disorders with it, as the Danish clinicians had described. All are detected by the four methods against the whole database, and all are confirmed against other vaccines in adult women.

Table 3 · POTS and autonomic nervous system disorders
Adverse effectReportsDeathsWhole database
ROR [95% CI] · methods
Other vaccines
girls 12–17
ROR [95% CI]
Other vaccines
women 18–64
ROR [95% CI]
Postural orthostatic tachycardia syndrome5370113.5 [102.9–125.1]4/4 methods4.84 [3.69–6.34]✓ confirmed · n = 29149.1 [30.4–79.3]✓ confirmed · n = 141
Orthostatic intolerance2360112.1 [96.8–129.8]4/4 methods1.56 [1.20–2.02]not confirmed · n = 14219.1 [11.9–30.7]✓ confirmed · n = 67
Autonomic nervous system imbalance268138.1 [33.6–43.2]4/4 methods2.10 [1.55–2.85]✓ confirmed · n = 12413.3 [9.23–19.2]✓ confirmed · n = 87
Orthostatic hypotension8902.72 [2.20–3.35]4/4 methods2.30 [1.43–3.70]✓ confirmed · n = 545.68 [3.12–10.3]✓ confirmed · n = 20
Chronic fatigue syndrome278019.0 [16.8–21.4]4/4 methods1.49 [1.17–1.89]not confirmed · n = 1632.52 [1.83–3.47]✓ confirmed · n = 52
Fibromyalgia20006.91 [6.00–7.95]4/4 methods1.93 [1.39–2.70]not confirmed · n = 982.35 [1.75–3.15]✓ confirmed · n = 61
Small fibre neuropathy35011.3 [8.05–15.8]4/4 methods7.98 [1.82–34.9]✓ confirmed · n = 154.02 [1.66–9.69]✓ confirmed · n = 8

At equal age, sex and injection, POTS is still reported five to fifty times more often after Gardasil.

7CRPS: a signal that does not hold

Complex regional pain syndrome, the other syndrome the EMA examined in 2015, appears in 94 Gardasil reports. Against the whole database, it is detected by the four methods (ROR 27.6 [22.4–34.1]).

Against other vaccines, it does not hold: ROR 1.35 [0.93–1.97] in girls aged 12 to 17, 1.11 [0.50–2.48] in women aged 18 to 64. The intervals include 1. On this precise question, our data do not contradict the EMA’s conclusion. We publish it as clearly as the rest: this is what gives weight to the signals that do hold.

Table 4 · CRPS: detected against the database, not confirmed against other vaccines
Adverse effectReportsDeathsWhole database
ROR [95% CI] · methods
Other vaccines
girls 12–17
ROR [95% CI]
Other vaccines
women 18–64
ROR [95% CI]
Complex regional pain syndrome94027.6 [22.4–34.1]4/4 methods1.35 [0.93–1.97]not confirmed · n = 611.11 [0.50–2.48]not confirmed · n = 7

8The ovaries

A vaccine intended for young girls should be subject to particular surveillance of their reproductive function. The data bring out a series of converging signals. Premature menopause (59 reports) and ovarian failure (40) are detected by the four methods against the whole database, with RORs of 29.0 [22.2–37.8] and 40.2 [29.0–55.8].

Against other vaccines, both signals are confirmed in both age groups. Among women aged 18 to 64, premature menopause is reported 44 times more often with Gardasil (ROR 43.6 [12.9–146.6]), ovarian failure 28 times more (ROR 28.3 [8.06–99.3]). The numbers are modest and the intervals wide, but their lower bounds remain far above 1. Amenorrhoea and irregular periods, more frequent, point the same way.

Table 5 · Ovarian function and menstrual cycle
Adverse effectReportsDeathsWhole database
ROR [95% CI] · methods
Other vaccines
girls 12–17
ROR [95% CI]
Other vaccines
women 18–64
ROR [95% CI]
Premature menopause59229.0 [22.2–37.8]4/4 methods3.55 [1.42–8.83]✓ confirmed · n = 2043.6 [12.9–146.6]✓ confirmed · n = 20
Ovarian failure40040.2 [29.0–55.8]4/4 methods4.52 [1.52–13.4]✓ confirmed · n = 1728.3 [8.06–99.3]✓ confirmed · n = 13
Amenorrhoea22422.44 [2.14–2.79]4/4 methods2.03 [1.50–2.76]✓ confirmed · n = 1229.84 [6.65–14.5]✓ confirmed · n = 63
Menstruation irregular24622.72 [2.40–3.09]4/4 methods1.32 [1.04–1.68]not confirmed · n = 1499.14 [6.37–13.1]✓ confirmed · n = 71

9Autoimmunity and the nervous system

A vaccine acts on the immune system. The clearest signal in this area is the most general one: autoimmune disorders (310 reports, 8 with death) are detected by the four methods (ROR 17.8 [15.9–20.0]) and confirmed against other vaccines in girls (ROR 9.22 [5.19–16.4]) as in women (ROR 5.76 [4.26–7.80]).

In adult women, lupus (204 reports, 15 with death), immune thrombocytopenia and narcolepsy are confirmed against other vaccines. In teenage girls, acute disseminated encephalomyelitis and seizures are. Guillain-Barré syndrome, listed in the product information, is detected against the whole database but does not reach the MHRA threshold against other vaccines: influenza vaccines, which are also associated with it, are part of the comparison group.

Table 6 · Autoimmunity, central and peripheral nervous system
Adverse effectReportsDeathsWhole database
ROR [95% CI] · methods
Other vaccines
girls 12–17
ROR [95% CI]
Other vaccines
women 18–64
ROR [95% CI]
Autoimmune disorder310817.8 [15.9–20.0]4/4 methods9.22 [5.19–16.4]✓ confirmed · n = 1125.76 [4.26–7.80]✓ confirmed · n = 79
Systemic lupus erythematosus204154.94 [4.30–5.67]4/4 methods1.70 [1.17–2.47]not confirmed · n = 724.12 [3.03–5.61]✓ confirmed · n = 66
Immune thrombocytopenia15935.39 [4.61–6.31]4/4 methods1.95 [1.29–2.94]not confirmed · n = 643.53 [2.48–5.02]✓ confirmed · n = 48
Multiple sclerosis29625.19 [4.62–5.82]4/4 methods1.50 [1.11–2.04]not confirmed · n = 1001.38 [1.12–1.69]not confirmed · n = 113
Acute disseminated encephalomyelitis100230.4 [24.7–37.3]4/4 methods2.66 [1.54–4.60]✓ confirmed · n = 451.68 [1.10–2.56]not confirmed · n = 27
Guillain-Barre syndrome388511.7 [10.6–13.0]4/4 methods1.88 [1.41–2.50]not confirmed · n = 1321.16 [0.93–1.44]not confirmed · n = 95
Myelitis transverse83314.2 [11.4–17.7]4/4 methods1.95 [1.10–3.47]not confirmed · n = 331.02 [0.59–1.76]not confirmed · n = 15
Narcolepsy8429.10 [7.33–11.3]4/4 methods1.74 [1.13–2.69]not confirmed · n = 542.93 [1.52–5.63]✓ confirmed · n = 13
Encephalitis154118.13 [6.93–9.54]4/4 methods1.74 [1.21–2.51]not confirmed · n = 771.76 [1.21–2.58]not confirmed · n = 34
Seizure2,537317.10 [6.81–7.39]4/4 methods2.31 [2.07–2.57]✓ confirmed · n = 1,0715.30 [4.62–6.09]✓ confirmed · n = 368

10Deaths

574 Gardasil reports carry a death criterion. Almost half (279) come from the United States. Against the whole database, the term “death” stands out less often with Gardasil than elsewhere (ROR 0.42 [0.37–0.47]): this is expected, since most of the database concerns elderly or seriously ill patients, among whom death is frequent.

The relevant comparison is again that of other vaccines. Among women aged 18 to 64, death is reported 4.26 times more often with Gardasil (ROR 4.26 [2.64–6.85]), and the signal is confirmed. Among girls aged 12 to 17, the ROR is 1.94 [1.22–3.08]: significant for the EMA, below the MHRA threshold.

One signal calls for a particular check: pulmonary embolism (83 reports, 11 with death), confirmed against other vaccines in girls (ROR 11.4 [3.48–37.1]) and in women (ROR 5.21 [3.42–7.93]). Hormonal contraceptives, often taken at these ages, are a known risk factor for thrombosis: this signal must be re-read taking into account the concomitant treatments reported in each case.

Table 7 · Death and pulmonary embolism
Adverse effectReportsDeathsWhole database
ROR [95% CI] · methods
Other vaccines
girls 12–17
ROR [95% CI]
Other vaccines
women 18–64
ROR [95% CI]
Death3143140.42 [0.37–0.47]0/4 methods1.94 [1.22–3.08]not confirmed · n = 514.26 [2.64–6.85]✓ confirmed · n = 28
Pulmonary embolism83110.32 [0.26–0.40]0/4 methods11.4 [3.48–37.1]✓ confirmed · n = 325.21 [3.42–7.93]✓ confirmed · n = 39

11What signals do not say

A disproportionality analysis measures what is reported, not what occurs. It gives neither a frequency nor an individual risk. Spontaneous reporting depends on the attention paid to a product: the Japanese and Danish controversies may have increased reports of POTS after Gardasil. One report can cite several products and several effects.

The comparison with other vaccines neutralises part of these biases: age, sex, the act of vaccination, and the general tendency to report more after a vaccination. It does not neutralise notoriety specific to Gardasil. This is why a signal is a starting point, which calls for targeted studies, and why the authorities holding the data have the responsibility to carry them out and publish them.

12Conclusion

In 2015, the EMA examined two syndromes and concluded there was no demonstrated link. Eleven years later, on its own data and with its own indicator, a comparison it never published gives a different picture. Against the other vaccines given to the same girls and the same women, POTS and autonomic nervous system disorders, premature menopause and ovarian failure, and autoimmune disorders are still reported far more often after Gardasil. CRPS, for its part, does not hold: the method does not confirm everything it is given.

These results raise a simple question: why does the agency that holds the complete database, the methods and the means not publish these comparisons for a vaccine given every year to millions of teenage girls?

The EMA holds the complete database, the methods and the means. It publishes no comparison of Gardasil with other vaccines.

EU-Vigil computes and publishes them.

References
  1. European Medicines Agency. Review concludes evidence does not support that HPV vaccines cause CRPS or POTS. Press release EMA/714950/2015, 5 November 2015.
  2. Evans SJW, Waller PC, Davis S. Use of proportional reporting ratios (PRRs) for signal generation from spontaneous adverse drug reaction reports. Pharmacoepidemiol Drug Saf, 2001.
  3. Bate A et al. A Bayesian neural network method for adverse drug reaction signal generation. Eur J Clin Pharmacol, 1998.
  4. DuMouchel W. Bayesian data mining in large frequency tables, with an application to the FDA spontaneous reporting system. Am Stat, 1999.
  5. Szarfman A, Machado SG, O’Neill RT. Use of screening algorithms and computer systems to efficiently signal higher-than-expected combinations of drugs and events in the US FDA’s spontaneous reports database. Drug Saf, 2002.
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